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L'oeuvre du Père Paul Laizé

pre-LaizFigure de la charité mayennaise de la seconde moitié du XXe siècle, le Père Laizé a créé des structures qui aident chaque jour de nombreux démunis...

 

L'Abbé Pierre

En 1954, le Père Laizé quitte l’enseignement (philo, latin-grec à L’Immaculée de Laval), fonde l’association P.A.U.L. (PArticipation à l’Urbanisme Lavallois) et prend contact avec l’Abbé Pierre qui vient de lancer son célèbre appel contre la misère.

Avec l’argent récolté lors du premier passage de ce dernier le 1er mars 1954 à Laval, au Palais de l’Industrie(3 500 personnes, 360 000 anciens francs), le père Laizé et quelques bénévoles construisent quatre maisons en préfabriqué boulevard des Trappistines.

Ce petit groupe crée aussi une « cité d’urgence » rue du Ponceau, prise en charge par la Ville et l’Office HLM. Pour répondre aux besoins des familles vivant dans les baraquements situés près du viaduc et place de Hercé, il crée ensuite l’association Aide Accueil Amitié, et reçoit la communauté itinérante des Chiffonniers d’Emmaüs de Normandie.

Les Chiffonniers d’Emmaüs

Pendant des mois, le comité de soutien constitué de 30 bénévoles organise partout dans le département des ramassages gigantesques. En 1961, grâce aux 4 millions de francs récoltés, une cité Emmaüs de 24 logements est édifiée près du stade Jean Yvinec pour y reloger des familles vivant en baraquements sur Laval, Craon et Mayenne.

D’autres réalisations suivront, toujours vivantes : trois centres d’aide par le travail pour les handicapés (La Robida à Port-Brillet, Ionesco à la Chapelle-Anthenaise, Le Ponceau à La Selle-Craonnaise).

Mais attention, pour le Père Laizé, ces trois CAT n’ont pas vocation à devenir des entreprises : « Elles doivent rester des œuvres de cœur avant tout ! »

La fédération PAUL

Désireux aussi d’aider les personnes âgées, il crée à Port-Brillet, La Résidence. En même temps, il prépare sa succession : en installant, dès 1980, l’assureur Jean Chardon à la tête de la fédération Participation Aide Unité Labeur (encore un P.A.U.L. !)

En 1988, le Père Laizé relance, dans l’urgence, la création d’une nouvelle communauté Emmaüs à Villiers-Charlemagne. Hélas, il ne connaîtra point cette dernière création : son cœur lâche le 10 juillet, veille de la signature de l’acte de vente de La Chevalerie. Ayant donné son corps à la science, il aura droit à une messe de sépulture sans cercueil…

Un lecteur de Pascal

Son œuvre résumée, voyons maintenant la personnalité de ce personnage haut en couleur.

Toujours prêt à se salir les mains – et la soutane ! – pour le plus pauvre des pauvres, le Père Laizé n’en était pas moins un intellectuel. Un homme qui trouvait le temps de « relire Pascal tous les ans », ainsi que Virgile et Pindare.

Les « plus petits »

Bien sûr, comme tout bon prêtre, le Père Laizé ne classait pas ses ouailles en fonction de la politique : « Pour la misère et le mal, il n’y a pas de classes sociales », confiait-il. Et les « plus petits » se trouvent dans tous les milieux.

Ces « plus petits », le Père Laizé refusait de vivre avec euxmais en a accueillis des dizaines et des dizaines dans tous les logements qu’il a occupés à Laval (rues Jules Ferry, de la Gare, Mazagran, Solférino) – y compris dans sa petite maison du 3, rue Nicolas-Harmand, où il s’installa en 1976, après son infarctus du myocarde.

Louis Hamard

Ces dizaines de « largués de la vie » qui n’avaient plus personne à qui parler, savaient qu’en poussant la porte du Père Laizé, ils seraient reçus à bras ouverts. Grâce à cet accueil, combien ont réussi à tenir le coup ? A ne pas se jeter du haut du viaduc ? Nul ne le sait…

« C’était le genre d’homme à traverser Laval avec une voiture à bras pour livrer une cuisinière dans une famille qui n’avait pas de chauffage ! », indiquait, en 2003, Louis Hamard, alors président des Compagnons d’Emmaüs de la Mayenne au journaliste de feu Laval-Infos.

Thomas More

Comme nombre de gens actifs, le Père Laizé regrettait que « la carcasse s’use » et que le temps passe trop vite. Il aimait à citer Lamartine : « On voudrait revenir à la page qu’on aime, et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts… »

Enfin, le Père Laizé plaçait l’humour au rang des qualités indispensables. « Car si on est triste avec les gens, on les enfonce encore plus dans leur tristesse ! »

Il récitait souvent la prière de Thomas More dans laquelle, après avoir réclamé au Seigneur « une bonne digestion » (et « naturellement quelque chose à digérer »), le saint patron des hommes d’Etat demandait à Dieu de lui donner « le sens de l’humour ! »

 

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